Parce que… c’est l’épisode 0x347!

Shameless plug

Description

Cette description a été faite à l’aide de GLM 5.3 Flash, à partir de la transcription qui a été effectuée par ElevenLabs Scribev2. Aucune vérification humaine n’a été faite. Si vous découvrez des erreurs ou des inexactitudes, vous pouvez m’en faire part afin que je procède aux modifications appropriées.

Un épisode spécial consacré à la cérémonie des clés

Dans cet épisode de Polysécure, Nicolas-Loïc reçoit Dominique Derrier et Thomas Veynachter, invités du SECUR pour une conférence sur la cérémonie des clés. L’échange s’ouvre sur une usurpation d’identité en direct qui introduit avec humour le thème de la violence technologique. Les invités ont souhaité démocratiser une notion souvent réservée aux grandes organisations, lors d’une présentation donnée dans une ancienne église désacralisée, avec une toge et une licorne.

Le processus plutôt que la technologie

Le message central des deux experts est limpide. Ce n’est pas la technologie qui garantit la confiance ultime, mais le processus qui l’entoure. Les organisations produisant des certificats avec des modules de sécurité matérielle ont besoin de ces cérémonies, et DNSSEC dispose heureusement d’un protocole garantissant la validité des signatures DNS. Mais ces principes s’appliquent aussi au quotidien, car on les oublie trop souvent.

L’époque des sharewares installés sans vérification est révolue. Les utilisateurs n’ont plus beaucoup de droits sur leurs ordinateurs en entreprise et n’ont plus envie d’installer n’importe quoi. La violence numérique sévit dans les logiciels, de plus en plus sophistiqués pour voler le contenu des machines. Même avec des EDR performants, un risque résiduel subsiste, ce qui rend le processus indispensable.

Vérifier le matériel et les logiciels

La discussion s’étend au hardware. Le matériel le moins cher arrive souvent de l’autre côté de l’océan, sans que personne ne vérifie son firmware. On prend pour acquis que tout fonctionnera, alors que des caméras transmettent des images vers des destinations inconnues. Le premier démarrage d’un ordinateur neuf peut constituer la première source d’infection. Des moyens simples existent pourtant, comme les commandes SHA256 qui permettent de vérifier qu’on installe bien la chose attendue. Mais cela reste insuffisant, car le site du fournisseur lui-même peut avoir été piraté.

Chiffrement, intégrité et menace quantique

Dans un monde numérique, le chiffrement constitue la seule façon de valider la viabilité de ce qu’on manipule. L’attaque dite harvest now, decrypt later est bien réelle, car les capacités de déchiffrement n’existent pas encore mais existeront, et des secrets protégés aujourd’hui pourront être révélés demain. L’animateur distingue les secrets éphémères, comme un numéro de carte bancaire expiré d’ici là, des secrets durables comme les dossiers médicaux. Il observe avec ironie que ceux qui détiennent des secrets à long terme se préparent le moins au quantique.

Les intervenants identifient trois grandes phases dans l’évolution du numérique. D’abord, il fallait que les systèmes fonctionnent. Ensuite, des lois ont protégé la confidentialité des données. Aujourd’hui, l’enjeu majeur est l’intégrité, qu’il s’agisse de garantir que ce qui est envoyé arrive intact ou que le matériel n’a pas été altéré. À l’heure de l’intelligence artificielle et de l’IoT, cette intégrité doit être assurée en entrée, pendant le traitement et en sortie, sans qu’aucun acteur malveillant n’insère son outil de détournement au milieu.

Un contexte géopolitique tendu

Il y a une quinzaine d’années, Nicolas-Loïc téléchargeait sans se préoccuper des conséquences et pouvait raisonnablement croire sa machine à l’abri. Depuis, plusieurs pays hébergent des acteurs hostiles cherchant à extraire la richesse d’autres nations. L’hostilité entre pays atteint un niveau jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale, où la machine Enigma représentait le sommet de la protection des communications. Là où il y a de l’argent à se faire, il y aura des voleurs, et la valorisation démesurée des entreprises technologiques attire les attaquants tandis que le petit vol numérique reste souvent impuni.

Authenticité des messages et confiance transitive

Thomas soulève un défi majeur. Avec les deepfakes, il faut désormais maîtriser l’authenticité du message reçu. Comment vérifier que la personne en face est bien celle qu’elle prétend être, surtout quand un message est délivré par quelqu’un qui n’existe pas. Les réponses manquent encore, mais la question doit être posée collectivement.

L’animateur ressuscite pour sa part de vieux sujets réservés aux passionnés. PGP et son Web of Trust reposaient sur des rencontres dans le monde réel pour signer les clés, permettant une confiance transitive. Si je connais quelqu’un qui a signé votre clé, je peux vous faire confiance. Dominique rappelle la théorie des sept personnes de confiance, ce qui rend ce réseau mathématiquement atteignable. Signal illustre une approche moderne, où le changement d’appareil est visible par tous car les clés changent, offrant une vérification d’identité intégrée.

Protéger les secrets les plus critiques

Les invités abordent aussi la protection des secrets organisationnels. Qui possède le mot de passe root du tenant chez le fournisseur infonuagique, et combien d’administrateurs faut-il pour le supprimer ? Un seul, c’est anormal. Le split knowledge et le dual access s’imposent, exigeant au minimum deux personnes pour agir. Thomas note que cette question n’existait pas avec les serveurs sur site. Un mot de passe root ne devrait jamais servir aux opérations courantes, et si tel est le cas, c’est le signe d’une gestion des accès défaillante.

Nicolas-Loïc rappelle que la technologie existait déjà dans les années 90, lorsque RSA proposait un découpage de clés exigeant un quorum. Les mathématiques sont prêtes, avec des méthodes élégantes comme le partage de secret de Shamir, mais l’appétit commercial tarde, comme pour les certificats TLS, longtemps coûteux avant leur démocratisation dans les navigateurs.

Des fondations centenaires

Les intervenants citent Kerckhoffs, dont les principes élaborés au dix-neuvième siècle fondent encore la cryptographie moderne, une référence que l’animateur cite souvent. Dominique conclut que l’identité numérique reposera sur ces principes, déjà appliqués dans certains pays où l’on signe des documents avec sa carte d’identité. Il faut finalement se faire violence, non pas celle des attaquants, mais celle de suivre les processus rigoureux pour protéger ce qui compte vraiment.

Notes

Contributeurs

Nicolas-Loïc Fortin Thomas Veynachter Dominique Derrier
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Crédits

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Tag: crypto