H'umain - Le futur s'invente avant-hier (nsec)
07 juillet 2026
Parce que... c'est l'épisode 0x321!
Parce que… c’est l’épisode 0x321!
Shameless plug
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- 20 au 26 septembre 2026 - BruCON
- 13 novembre 2026 - DEATHCon
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- 24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027
Description
Dans cet épisode spécial enregistré à Montpellier, Nicolas reçoit Xavier Facélina, entrepreneur en cybersécurité depuis près de 30 ans, fondateur de la société CLAB (créée en 2011, vendue il y a deux ans et demi) et sur le point de lancer une nouvelle entreprise au Québec. La discussion reprend le fil d’une conférence que Xavier a donnée à Nordic sur la place de la science-fiction dans la façon dont l’avenir se construit réellement, et sur les liens étroits entre cet imaginaire et sa propre carrière en cybersécurité.
La red team du ministère des armées : quand la science-fiction éclaire la stratégie
Xavier explique une initiative française singulière : la red team du ministère des armées, animée pendant plusieurs années par son ami Nicolas Mainvie. Contrairement à une red team de pentesting, cette équipe rassemble des militaires de carrière, des diplomates et des auteurs de science-fiction (scénaristes, romanciers) pour réfléchir collectivement aux futurs possibles de la conflictualité — sociale, écologique, militaire. Les récits produits, en partie publics, visent à anticiper des scénarios plausibles pour préparer la France à défendre ses valeurs démocratiques. Xavier souligne que si d’autres pays comme les États-Unis mènent des exercices de prospective similaires, ils le font surtout via des analyses techniques plutôt que par le récit romancé, alors que l’être humain reste fondamentalement un animal d’histoires.
Les auteurs de science-fiction, spécialistes de l’avenir
Un des points centraux de l’échange est l’idée que les autrices et auteurs de science-fiction sont, par leur pratique quotidienne, particulièrement entraînés à imaginer des futurs plausibles. Nicolas et Xavier remontent aux mythes grecs, à Jules Verne (dont les récits de voyage vers la Lune ont inspiré des générations), et même à Tintin, dont les fusées annoncent étonnamment bien les technologies actuelles — démontrant une forme de « contamination » des idées entre œuvres, y compris celles qui ne se revendiquent pas explicitement de la science-fiction.
L’imaginaire d’enfance comme moteur de carrière
Xavier raconte comment son ami Nicolas Mainvie lui a fait remarquer que ses deux passions apparemment séparées — la science-fiction et la cybersécurité — sont en réalité intimement liées : ses produits et entreprises répondent souvent, sans qu’il en ait eu pleinement conscience, à des questions posées par des œuvres de son enfance comme Wargames, Ghost in the Shell ou Star Trek. Il insiste sur l’importance de continuer à nourrir son imaginaire d’adulte, au risque sinon de se laisser gagner par des représentations plus sombres ou dépressives de l’avenir. Il cite Ghost in the Shell (2006, saison Standalone Complex) comme un exemple d’œuvre à la fois futuriste et étonnamment optimiste sur la continuité des dynamiques sociales humaines malgré la présence de cyborgs et d’IA.
De l’imaginaire à l’innovation concrète
La conversation explore ensuite comment la science-fiction fonctionne comme un espace de liberté permettant d’explorer l’humain sans les contraintes du réel, un peu comme les nombres imaginaires en mathématiques permettent de résoudre des équations autrement impossibles. Xavier établit un parallèle frappant entre le téléphone Motorola StarTAC (1996) et le communicateur à charnière de Star Trek (1966) : bien que l’ingénieur en lui trouve ce choix de design peu pratique, cette influence culturelle a poussé à des innovations techniques réelles (nappes flexibles), dont on retrouve l’héritage dans les écrans pliables actuels. Il évoque aussi l’iPad et la visioconférence, anticipés dès la première saison de Star Trek en 1966, une œuvre qu’il recommande vivement pour sa modernité sociale et politique surprenante pour l’époque.
Les deux interlocuteurs formulent une « règle des 30 ans » : il faudrait environ trois décennies entre l’apparition d’un concept en science-fiction et sa réalisation technique ou scientifique. Ils appliquent cette règle à la téléportation (Star Trek, années 60) et à l’interface neuronale de Matrix (1999), suggérant qu’on pourrait voir des avancées significatives d’ici 2029-2036. Xavier insiste également sur le rôle de la science-fiction comme outil de vulgarisation : les entrepreneurs qui peuvent ancrer leur pitch dans une référence culturelle connue (Matrice, Star Wars) captent l’attention bien plus vite que ceux qui présentent une idée totalement inédite.
L’intelligence artificielle : de la dystopie à la bienveillance
La dernière partie de l’échange porte sur l’évolution des représentations de l’IA à travers la trilogie Tron (Tron, Tron Legacy, Tron Ares). Xavier observe un glissement progressif : dans le premier film, l’IA a une volonté propre hostile ; dans le second, sa dangerosité vient d’un ordre humain mal formulé (« créer un monde parfait ») plutôt que d’une malveillance intrinsèque ; dans le troisième, une IA militarisée choisit finalement la bienveillance et l’empathie comme moteur, plutôt que la vengeance ou la puissance — un cas rare au cinéma. Nicolas fait le lien avec l’approche d’Anthropic, qui privilégie une philosophie d’entraînement fondée sur des principes plutôt que des règles rigides, rappelant les trois lois de la robotique d’Isaac Asimov, elles-mêmes une invention littéraire devenue référence scientifique et philosophique incontournable.
L’épisode se conclut sur l’idée que ces récits, bien qu’imaginaires, façonnent concrètement notre manière de penser, d’innover et d’aborder des sujets aussi sérieux que l’intelligence artificielle — et les deux animateurs promettent de poursuivre cette conversation lors d’une prochaine rencontre au Québec.
Notes
Collaborateurs
Crédits
- Montage par Intrasecure inc
- Locaux réels par Repère secret de Xavier
Tags: futur, nsec, scifi
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