Teknik - État de la menace en 2026
28 avril 2026
Parce que... c'est l'épisode 0x2FC!
Ah ben Flock! Selon Cyber Citoyen et Polysecure.
12 mai 2026
Parce que... c'est l'épisode 0x2FB!
Parce que… c’est l’épisode 0x2FB!
Shameless plug
- 3 au 5 juin 2026 - SSTIC 2026
- 24 et 25 juin 2026 - Troopers
- 26 et 27 juin 2026 - leHACK
- 19 septembre 2026 - Bsides Montréal
- 1 au 3 décembre 2026 - Forum INCYBER - Canada 2026
- 24 et 25 février 2027 - SéQCure 2027
Description
Le Honduras Gate : ingérence américaine et israélienne en Amérique latine
Sam Harper ouvre l’épisode avec le Honduras Gate, une série de fuites de conversations Telegram et téléphoniques publiées par un collectif anonyme de journalistes honduriens. Ces révélations exposent un plan visant à remettre au pouvoir l’ancien président Juan Orlando Hernández, condamné à des décennies de prison pour trafic de drogue sous l’administration Biden, puis gracié par Donald Trump. La campagne de lobbying derrière ce pardon implique Roger Stone, vétéran des coups bas politiques américains depuis l’ère Nixon, ainsi que Benjamin Netanyahu, qui aurait contribué au financement logistique.
Les fuites révèlent également des négociations pour le retour au pays d’Hernández et l’installation, en échange, d’une base militaire américaine au Honduras, la création de zones économiques spéciales — sortes de « charter cities » libertariennes où les lois nationales ne s’appliqueraient pas — et des conditions favorables aux investissements technologiques, notamment en intelligence artificielle. Plus troublant encore, les documents montrent qu’environ 350 000 dollars auraient été versés par le président argentin Javier Milei pour constituer une équipe médiatique financée en partie par des fonds publics, destinée à mener des campagnes de désinformation contre les gouvernements de gauche en Colombie et au Mexique.
Sam souligne que les journalistes à l’origine des publications ont signalé des attaques informatiques massives contre leur site, avec des requêtes provenant principalement des États-Unis et de Tel-Aviv. Ce qui rend ce dossier particulièrement intéressant, note-t-il, c’est qu’on y voit les États-Unis directement impliqués dans des opérations d’influence, un renversement de la dynamique habituelle où l’on pointe du doigt la Russie, la Chine ou l’Iran.
Flock : la surveillance municipale hors de contrôle
Catherine enchaîne avec un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : les caméras de surveillance Flock. Ce système, capable de se connecter à pratiquement n’importe quelle caméra reliée à internet et doté d’outils d’intelligence artificielle, est utilisé par de nombreuses municipalités, principalement aux États-Unis.
Les scandales s’accumulent autour de cette technologie. Des policiers s’en sont servis pour traquer des ex-conjointes via les plaques d’immatriculation. L’organisme ICE l’a utilisé pour des contrôles d’immigration ciblés. Plus inquiétant encore, un vice-président de Flock a été identifié en train d’accéder aux caméras d’un gymnase d’école secondaire, officiellement dans le cadre d’une démonstration de vente, ce que les trois animateurs trouvent profondément troublant. Le système souffre d’un manque criant d’imputabilité : personne n’audite réellement qui accède à quoi.
Catherine rappelle le fiasco publicitaire de Flock lors du Super Bowl, quand l’entreprise avait annoncé un partenariat avec Amazon Ring pour retrouver les chiens perdus grâce à la reconnaissance par IA dans les caméras de sonnettes des quartiers résidentiels. Le tollé public a été tel que le partenariat a été entièrement annulé. Ce rejet populaire est encourageant, selon Catherine, qui insiste sur le pouvoir citoyen au niveau municipal. Elle exhorte les auditeurs à s’impliquer dans les conseils d’arrondissement, à refuser ces technologies de surveillance et à interpeller leurs élus locaux, car c’est à cette échelle que ces décisions se prennent souvent, devant une poignée de citoyens seulement.
Le séparatisme albertain : quand Russes, Américains et Hollandais se donnent la main
Sam présente ensuite un rapport de DisinfoWatch sur les campagnes de désinformation ciblant le mouvement séparatiste albertain. Le phénomène réunit des acteurs improbables. D’abord, une entité liée à l’ancien Institut d’étude de l’internet de Prigogine, qui opérait un site web et des comptes sur les réseaux sociaux promouvant la séparation de l’Alberta. Ensuite, le réseau médiatique russe autour de Pravda, qui publiait des articles gonflant la popularité du mouvement. Puis des influenceurs MAGA comme Tucker Carlson, Tim Pool et Benny Johnson — ces deux derniers ayant d’ailleurs été impliqués dans le scandale Tenet Media, un conduit pour de l’argent russe vers des influenceurs américains. Enfin, des individus aux Pays-Bas qui produisaient du contenu sensationnaliste sur le séparatisme albertain uniquement pour générer des revenus publicitaires, selon le même modèle que les « fake news » macédoniennes.
Un fil conducteur : manipulation, radicalisation et économie de l’attention
Tout au long de l’épisode, les trois animateurs tissent des liens entre ces sujets. Catherine introduit le concept de la fenêtre d’Overton pour expliquer comment des discours autrefois inacceptables se normalisent progressivement, et celui de la longue traîne, emprunté au marketing, pour décrire les mécanismes de radicalisation algorithmique : on commence par un intérêt anodin et, d’incrémentation en incrémentation, les algorithmes nous poussent vers des contenus de plus en plus extrêmes parce que les niches sont rentables.
Nicolas-Loïc fait le parallèle avec l’intelligence artificielle, qui tend au contraire à ramener les utilisateurs vers un « centre » défini par les données d’entraînement, tout en étant vulnérable à la manipulation — Sam cite d’ailleurs une étude montrant que les points de discussion pro-russes sur la guerre en Ukraine ont doublé dans les réponses de certains modèles d’IA.
L’épisode se conclut sur un appel à l’action citoyenne. Catherine rappelle que le pouvoir d’influence ne s’exerce pas uniquement lors des élections fédérales ou provinciales : les décisions municipales, souvent prises devant des salles quasi vides, ont un impact direct sur la vie privée et la surveillance au quotidien. Comme le résume Nicolas-Loïc, les citoyens disposent encore d’un pouvoir considérable pour façonner la société dans laquelle ils veulent vivre — à condition de l’exercer.
Collaborateurs
Crédits
- Montage par Intrasecure inc
- Locaux virtuels par Riverside.fm
Tags: alberta, desinformation, fakenws, hoduras, surveillance
Tweet












